Retour à la page d'accueil Communauté de communes du canton de Beuzeville

Les différents types de sol du canton

La géologie de la région de beuzeville

Le sous-sol est constitué de craie noduleuse qui dans sa partie supérieure a évolué en argile à silex et surmontée de loess jaunâtre soyeux.

La répartition et la perméabilité (globalement médiocre) de ces loess sont les facteurs principaux de la diversité pédologique des plateaux :
Dans les zones où ils sont abondants et perméables, les sols limoneux sains et épais1 seront dominants. Plus fins et moins perméables, ils ne jouent plus leur rôle de «tampon» entre la surface et l’argile sous-jacent ; alors, les sols (toujours à dominante limoneuse) se caractérisent par un horizon intermédiaire d’accumulation de particules argileuses, compact, annoncé par une transition hydromorphe souvent lessivée2.
Les coteaux témoignent d’une érosion beaucoup plus active qui localement met à nu l’argile à silex voire la craie dans les talwegs les plus marqués. Cependant les affleurements restent exceptionnels ; une fine épaisseur de sol parvient généralement à se développer3. Ici les écoulements restent superficiels et occasionnent de forts ruissellements qui accélèrent le processus.
Cette érosion occasionne des transferts de matériaux importants qui se traduisent par des accumulations à mi-pente de silex remaniés4 ; la matrice argileuse étant transportée plus bas et remplacée par des silex fragmentés en cailloutis voire en sable grossier.
En partie basse, les influences croisées des coteaux et des vallées se traduisent par une bande étroite de colluvions composées de cailloutis de silex, de résidus limono-argileux et d’alluvions5. Le profil pédologique de ces sols peut varier selon le profil du fond de vallée et les modalités d’écoulement de l’eau le long des axes de ruissellements principaux.
Les fonds de vallée sont tapissés d’alluvions6 sablonneuses, parfois souillées par des matériaux marneux, très perméables mais saturés d’eau.

1 Limon épais des plateaux
2 Limon à limon-argileux de bordure de plateaux
3 Limon fins sur argile à silex
4 Langues de silex dans matrice sablo limoneuse
5 Colluvions de bas de pente
6 Alluvions des vallées

Photos

Illustration de la variabilité pédologique d’un site (Beuzeville – les Monts Saint-Hélier)

 

 

 

Limon épais (Le Torpt – les Londes)

 

 

Limon sur argile lessivée & oxydée (Martainville – la Bruyère)

 

 

 

Loess sur argile à silex (Beuzeville – les Maners)
Les loess sont des accumulations de particules « post-glacio-éoliennes ».

Les glaciers ne sont ni immuables ni statiques… leur régression témoigne des variations climatiques actuelles. Le recule relatif des glaciers est le fruit du rapport entre le taux d’accumulation de glace en amont et la vitesse de fonte en aval.

Comme l’eau des rivières ou la lave des volcans, la glace s’écoule le long des reliefs. Les frictions entre les roches encaissantes et le flan des glaciers arrachent des particules extrêmement fines qui, après la fonte ou le retrait des glaces, peuvent s’accumuler dans le creux des vallées glacières. Ces grandes quantités de matière peuvent ensuite être mobilisées par le vent puis déposées, loin, sur les plateaux, en une couche de matériaux à la structure soyeuse : les loess.

Dans la région ils se caractérisent par une couleur jaune ocre très soutenue.

 

 

Limon fins sur argile à silex (Beuzeville – la Bégennerie)

 

 

Accumulation de silex dans un flan de vallon (Martainville – les Cornets)

 

 

Sol très peu épais constitué d’une fine couche de « terre végétale » reposant sur un bief à silex.
L’argile rouge est visible en fond de tranchée à 1,00m.
(Saint Maclou – route de la Croix Blanche)

 

 

Bordure de coteau : seule une fine litière repose sur la craie affleurante, le sol consolidé par le réseau de racines s’effondre par pans avec la chute des mêmes arbres.
(Saint-Pierre du Val – Cote du Bois des Chesnots)

Détail de la vue précédente

 

 

Affleurement de craie massive (Foulbec – le Val)

 

 

« carotte réalisée à la tarrière pédologique (1,20m) » – Limon ultra oxydé sur gley gris bleuté (Foulbec – les vergers)
La saturation en eau liée à l’influence directe du marais offre ce contraste saisissant en quelque centimètres de profondeur. La structure devient rapidement compacte et l’humidité rend les échantillons de sol extrêmement malléables. Soumis à des vibrations répétées, le sol perd toute consistance (sensation de sol chamallow) avant de se stabiliser… si les vibrations cessent. Ce phénomène s’observe dans la plupart des sols situés à proximité des rivières et s’apparente aux sables mouvants.

 

 

Marne bleu gorgée d’eau sur craie en blocs arrondis (Manneville la Raoult – Hameau de Cressenville)

 

Incidence de l’eau sur le sol et la prescription ANC

hydromorphie

-          Oxydation périracinaire ou décoloration de la couche superficielle (aucun indice particulier c’est le fruit de l’activité des racines ou du pâturage des bête qui forme des minicuvettes saturées d’eau avec leurs sabots…)

-          Traces de lessivage (gris beige dans une matrice plus brune) = écoulements préférentiels  indiquant de grandes quantités d’eau transitant dans le sol mais celui-ci n’est pas nécessairement saturé. Sur un échantillon non détruit (carotte) on pourra observer des canaux plus ou moins remplis d’eau autour desquels se développent des gaines décolorées (lessivée).

-          Concrétion d’oxyde de manganèse (pépites noire formant des lignes noire-marron sur les échantillons à la tarière) = sol ayant subi des phases de saturation anciennes.

-          Concrétion d’oxyde de fer (pépites orangée-rouille) = sol subissant des phases de saturation fréquentes.

-          Marmorisation : le sol est coloré (marbré) de brun de beige et d’orangé = stade d’évolution avancé d’hydromorphie traduisant la présence sousjacente de glaise ou d’argile à silex

-          Décoloration blanche-grise à bleutée = Asphyxie du sol par saturation permanente du terrain (sauf ressuyage d’étiage – typique des terres de marais)

Traces d’eau :

-          Sol « frais » : la présence d’eau en faible quantité dans le terrain rend l’échantillon plus « froid » au touché…

-          Sol « dépèrlant » : la compression de l’échantillon par la tarière fais surgir des perles d’eau à la surface de celui-ci

-          Sol « humide » : de l’eau suinte de l’échantillon comme dans le trou du sondage qui peut également avoir tendance à se refermer par la pression du sol.

-          Sol « saturé » : l’échantillon libère une grande quantité d’eau à sa sortie de tarière, le trou de sondage fait un effet de puits et se sature d’eau. Le sondage est rendu difficile par l’effet de piston.

 

Pour le filtre à sable les problèmes peuvent commencer au stade de la « marmorisation » ou du « sol humide ».

Cependant pour la plupart des cas l’étanchéification même imparfaite est satisfaisante.

RQ. les sols humides posent des problèmes au stade du terrassement ! à prendre en compte pour la pose de la FTEu.

Mais dans tous les contexte le problème peut surtout venir du fait de tenter d’infiltrer les eaux épurées à proximité du FSVDe : ce qui a pour effet de créer une boucle…

On passera nécessairement au tertre si le terrain présente des stagnations d’eau superficielle récurrente :

-          Sous l’influence d’un marais ou d’une «  nappe perchée » (zones inondables)

 

Notion de karst, puits, puisard, marnière, bétoire etc…

illustration

accès à la carte départementale des indices de cavité souterraine (site de la DDT Eure)

Retour en haut de page