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Comment ça marche ?   

Principe de fonctionnement, Précautions, Pathologies et Remèdes  

Principe général

Les eaux usées domestiques sont très chargées en matière organique et complexes minéraux (…). Rejetées en l’état dans la nature elles peuvent perturber les équilibres en place : La dégradation de cette matière appauvrie l’environnement (milieux aquatiques) en oxygène. Les apports excédentaires d’éléments nutritifs peuvent conduire à l’eutrophisation des masses d’eau : sorte d’obésité de l’environnement.

Le processus d’épuration vise à faire « digérer » la charge polluante contenue dans l’eau par des bactéries et ou des microorganismes dans des conditions maitrisées.

Pour optimiser la dépollution de l’eau il faut donc favoriser le développement bactérien…

Les différentes techniques mises en œuvre visent à :

  • offrir un habitat propice à la croissance bactérienne : le Média
  • assurer des conditions (fixes ou cycliques) propices à l’activité biologique (fermentation / oxygénation) : l’Environnement
  • mettre à disposition un flux de matière adapté sur les plans qualitatifs et quantitatifs : le Flux

Les bactéries ainsi « gavées » finissent par mourir et à être digérée à leur tour : c’est la production de boue ou la minéralisation de la charge polluante.

L’eau qui est alors débarrassée d’une grande partie de son excédant de charge nutritionnelle peut être rejetée dans l’environnement sans risquer de perturber les équilibres biologique en place.

Mais le rejet n’est pas chose aisée… Faute de disposer d’un Exutoire naturel, il convient alors de mettre en place un dispositif de dispersion de l’effluent épuré.

Attention, une dispersion mal assurée aura des conséquences désastreuses sur le fonctionnement des ouvrages situés en amont ou occasionner des nuisances sur le terrain en cas de suintement ou d’écoulement en surface.

 

Classification

tableau de classification des filières d’assainissement par la méthode « MEFE »

les Médias

Ce sont les supports qui favoriseront la croissance bactérienne.

 

Dans le cadre d’un simple épandage (tranchées ou plateau), le média employé est la terre. C’est pourquoi la structure et la texture du sol (granulométrie, composition) doivent être vérifiées au cours d’une « étude de sol ».

 

Lorsque le sol en place ne constitue pas un bon média, il est remplacé par :

  • du sable ; filtres à sable, tertres.
  • des roches microporeuses ; filtre à zéolithe, ou a pouzzolane.
  • des fibres synthétiques ; microstation à culture fixée sur tube nid d’abeille, chevelu de PE, boulles 3D PE, géotextile plissé etc.
  • des fibres naturelles imputrescibles ; filtre à coco.

Ces matériaux sont disposés soit directement dans le sol soit intégrés dans des cuves préfabriquées.

Certaines techniques n’utilisent pas de média : les « microstations à culture libre » n’offrent pas de support à proprement parler mais disposent d’un espace où l’environnement et le flux sont contrôlés (compartiment spécifique d’une cuve étanche).

l’Environnement

Pour favoriser la dégradation de la charge polluante, l’activité biologique doit être boostée par un apport en oxygène conséquent.

C’est pourquoi l’aération du média est capitale.

  • Dans le cadre d’un épandage, le sol doit être suffisamment aéré et ne doit jamais être saturé d’eau. Les systèmes d’épandage ou les massifs de sable ne doivent pas être remblayés excessivement pour toujours permettre l’oxygénation naturelle du média.
  • Les microstations assurent l’oxygénation du média soit par des systèmes de compresseur à air, soit par brassage de la masse d’eau soit en préservant un espace aéré entre (et au sein) de chaque grain de média avec des systèmes de ventilation passive (champignons d’aération). Les prises d’air ou ventilations de microstation ne doivent pas être obturées!
  • Sous l’influence du vent, le mouvement permanant des tiges dans le massif de sable favorise l’aération des couches supérieures des filtres à sables plantés de roseaux.

le Flux

Les eaux usées domestiques sont très chargées.

  • Certaines filières peuvent supporter l’arrivée du flux total dans l’espace d’épuration : la plupart des microstations. Cependant, la charge étant importante, des systèmes de recirculation de l’eau ou des bactéries épuratrices doivent être activés pour affiner l’épuration de l’effluent à l’issue de X cycles : c’est le principe de la « boue activée ».
  • Certaines filières disposent d’assistance au décolmatage du média : rôle des roseaux sur les filtres à sable plantés, brassage mécanique périodique à faire sur les filtres à coco…
  • Certains médias se colmateraient si les effluents étaient injectés sans un prétraitement préalable : les ouvrages de décantation et de dégraissage que sont les fosses toutes eaux usées, les bacs dégraisseurs ou les décanteurs primaires retiennent physiquement l’essentiel des particules grossières ; le média épurateur n’a plus qu’à traiter la partie dissoute dans l’eau de la charge polluante.

l’Exutoire

Après épuration le travail n’est pas fini. Il faut alors assurer la dispersion de l’eau dans le milieu naturel.

Pour assurer l’évacuation + un affinage de l’épuration (par filtration…) + éviter tout contact avec l’effluent, le mode dispersion idéal est l’infiltration dans le sol. C’est ce qui doit se passer à partir de 70-80cm sous un épandage, à la base d’un filtra à sable non drainé, à la base d’un tertre, directement sous un épandage de dispersion après un filtre à sable drainé ou une microstation.

  • L’infiltration de l’eau dans le sol requière une certaine perméabilité du sol. Pour être efficace la zone de dispersion est souvent très superficielle et nécessite l’emploi d’une pompe de relevage pour être alimentée.
  • Il est possible d’utiliser l’effluent épuré pour l’irrigation d’une haie ou d’un bosquet (l’irrigation maraichère (potager) est à proscrire).
  • Faute d’alternative il est possible de procéder à un rejet dit en milieu superficiel : mare, fossé ou rivières. Ces milieux peuvent être agrémentés de plantation et ou de massif de cailloux pour limiter les risques de contact entre habitant & effluent. Attention, pour tout rejet en dehors de la parcelle une autorisation doit être obtenue préalablement de la part du propriétaire du fond impacté et ou des autorités publiques concernées.
  • Toute autre forme d’utilisation est à proscrire car l’épuration n’est jamais totale et surtout l’effluent reste généralement chargé en bactéries (reliquat des ouvrières de l’épuration !).
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